Avis InSoil 2026 : pourquoi je garde cette ligne agricole sous surveillance
InSoil passe sous surveillance dans ma grille 2026 : 70/100, défauts et retards déjà visibles, rendement à lire comme un prix du risque.
Modifié le 2026-06-16
L’essentiel. InSoil est une plateforme lituanienne de crowdlending agricole régulée par la Banque de Lituanie. Dans ma propre sélection, mon verdict 2026 est SOUS SURVEILLANCE, avec un score CuSR de 70/100 : la structure est réelle, mais les chiffres officiels affichent déjà 10,67 % de principal en défaut et 13,9 % de principal à plus de 90 jours de retard. Le rendement affiché de 13,01 % paie donc un risque crédit déjà matérialisé, pas une simple prime de niche.
InSoil n'est pas une plateforme que je regarde de loin. C'est une vraie ligne de mon portefeuille que je réévalue à partir des chiffres publics les plus récents, pas un dossier théorique.
Et c'est précisément pour ça que mon avis a changé.
L'ancien article public CuSR affichait 85/100. Aujourd'hui, ma lecture retenue est 19/27, soit 70/100 et 3,5/5. Pas parce que la plateforme se serait soudainement effondrée. Mais parce qu'en 2026, je ne peux plus regarder une plateforme agricole à 13 % de taux affiché sans mettre en face les défauts, les retards, la vitesse des récupérations et ce que ça change vraiment quand tu as déjà du capital exposé.
Le sujet n'est donc pas de savoir si InSoil est "bonne" ou "mauvaise". Le sujet est plus utile que ça : quelle place mérite encore ce type de ligne quand la régulation est solide, mais que le risque crédit est déjà visible noir sur blanc ?
InSoil en un coup d'œil
| Élément | Lecture 2026 |
|---|---|
| Verdict public | SOUS SURVEILLANCE |
| Score retenu | 19/27 → 70/100 → 3,5/5 |
| Lecture haute non retenue | 21/27 → 78/100 → 3,9/5 |
| Confiance dans les données | 74 % |
| Date d'analyse | 2026-06-13 |
| Volume total investi | 107 030 050 € |
| Taux affiché | 13,01 % |
| Principal en défaut | 10,67 % |
| Principal à plus de 90 jours de retard | 13,9 % |
| Statut réglementaire | Prestataire de Services de Financement Participatif (PSFP) sous cadre European Crowdfunding Service Providers (ECSP), licence Banque de Lituanie |
Score CuSR — InSoil. Données au 2026-06-13. Verdict : SOUS SURVEILLANCE · Confiance dans les données : 74 %. Score pratique retenu : 19/27 → 70/100 → 3,5/5. Lecture haute non retenue : 21/27 → 78/100 → 3,9/5.
| Bloc | Score | Lecture |
|---|---|---|
| Légal | 4/4 | Licence et cadre réglementaire solides |
| Financier | 2/3 | Rebond 2025, mais trajectoire encore heurtée |
| Statistiques | 2/6 | Défauts et retards élevés |
| Équipe | 2/2 | Équipe identifiable |
| Projets | 4/5 | Diversification et marché secondaire, collatéral imparfait |
| Fonds | 2/4 | Ségrégation et auto-investissement, fiscalité française peu lisible |
| Remboursements | 3/3 | Fréquence favorable, à formuler prudemment |
Sommaire
- Pourquoi ma note tombe de 85 à 70
- Ce que le score 19 sur 27 dit vraiment
- Le vrai sujet : le prix du risque à 13,01 %
- Ce que cette lecture change selon le profil
- Ce qu'en disent les investisseurs
- Ce qui ferait remonter la note
- Mon verdict 2026 sur InSoil
Méthodologie CuSR. Cette analyse est produite en deux étapes distinctes. Étape 1 — collecte et vérification : les sources officielles (registres, régulateurs, rapports annuels, statistiques) et les retours investisseurs sont collectés et recoupés par un pipeline multi-agents, avec vérification documentaire indépendante. Étape 2 — scoring et décision : la grille CuSR /27 est publique, chaque point est sourcé, et le verdict est relu, confronté et signé par moi. La date des données est indiquée sur chaque chiffre. C'est d'abord l'analyse que je fais pour sélectionner les plateformes où j'investis moi-même : je la partage, ce n'est pas un conseil en investissement personnalisé, et les éventuels liens partenaires n'influencent ni le score ni le verdict. Des erreurs restent possibles : vérifie par toi-même avant toute décision.
Pourquoi ma note tombe de 85 à 70
La première chose à comprendre, c'est que je n'ai pas découvert un scandale caché entre deux lectures.
Ce qui change, c'est que je prends enfin au sérieux ce que les chiffres publics disent déjà. InSoil reste régulée, documentée et active. La Banque de Lituanie confirme une licence valable depuis le 14 juillet 2023, avec auto-investissement, bulletin board et gestion individualisée des prêts. L'infrastructure existe. Ce n'est pas une coquille vide.
Mais en face, les statistiques de la plateforme affichent aussi 107 030 050 € investis, 15 999 investisseurs et 10,67 % de principal en défaut. Et la revue Q1 2026 ajoute un autre chiffre qu'on ne peut pas balayer : 13,9 % du principal est à plus de 90 jours de retard.
Ce n'est pas la même métrique. Je ne les confonds pas. Mais les deux racontent la même histoire : le risque crédit n'est plus théorique chez InSoil.
C'est là que la note à 85/100 ne tient plus.
L'ancien angle public insistait surtout sur la niche agricole, la régulation et l'histoire du carbon farming. Ces éléments restent vrais. Ce qui manquait, c'était le poids réel des défauts, des retards et des récupérations. En 2026, je préfère une note plus dure qu'une note flatteuse qui oublie le principal.
Ce que le score 19 sur 27 dit vraiment
Le 19/27 n'est pas un score de défiance totale. Il dit plutôt qu'InSoil est solide sur la structure, mais beaucoup plus fragile sur la qualité du portefeuille que son image ne le laissait croire.
Côté structure, le dossier tient bien :
- cadre légal complet avec licence PSFP sous régime ECSP ;
- vraie traction avec plus de 107 millions d'euros investis ;
- auto-investissement confirmé ;
- marché secondaire disponible ;
- fonds investisseurs tenus chez ConnectPay avec compte ségrégué selon la documentation contractuelle.
Autrement dit, la plateforme existe pour de vrai.
Là où la note casse, c'est sur les statistiques. Dans ma grille, InSoil ne prend que 2 points sur 6 sur ce bloc. Pourquoi ? Parce que 10,67 % de principal en défaut, un taux de défaut factuel à 60 mois de 11,19 % dans le PDF dédié, et 13,9 % de principal à plus de 90 jours de retard, ce n'est pas le profil d'une plateforme haut de tableau.
Le problème n'est pas seulement le chiffre global. C'est aussi la dispersion. La revue trimestrielle montre des zones bien plus tendues que d'autres : 29,8 % de retard à plus de 90 jours en Bulgarie, 28,7 % en Pologne, 31,5 % au Portugal. Quand tu vois ça, tu ne lis plus le 13,01 % affiché comme une simple générosité commerciale.
Tu le lis comme un prix du risque.
Le double score m'aide à être propre dans cette lecture. Oui, on peut construire une lecture haute à 21/27 et 78/100 si on se montre plus indulgent sur la fiscalité française et sur le rebond financier 2025. Mais ce n'est pas celle que je retiens. Mon score pratique reste 19/27, parce que je préfère noter ce que je peux défendre aujourd'hui, pas ce que j'aimerais voir confirmé demain.
Le vrai sujet : le prix du risque à 13,01 %
C'est ici que mon avis se joue.
Le taux affiché d'InSoil est de 13,01 %. Vu de loin, ça ressemble à une belle prime pour une niche agricole régulée. Vu de près, c'est autre chose.
À mes yeux, ce 13,01 % te paie surtout pour accepter trois couches de risque déjà visibles :
- un risque crédit matérialisé dans les défauts et retards ;
- un risque de récupération lente après défaut ;
- une lecture fiscale encore peu fluide pour un investisseur français.
Le meilleur raccourci que j'ai trouvé vient d'un observateur externe. Dans sa revue 2026, Jean Galea estime qu'une lecture réaliste peut ramener le rendement net réel autour de 4,5 % une fois les délais et les récupérations pris au sérieux. Si tu mets ce chiffre en face du 13,01 % facial, l'écart est d'environ +8,5 points.
C'est énorme.
Mais justement : ces +8,5 points ne tombent pas du ciel. Ils rémunèrent du temps perdu, de l'incertitude et du capital qui ne travaille plus au rythme promis.
La bonne question n'est donc pas « 13,01 %, c'est élevé ? ». La bonne question est : est-ce assez payé pour accepter un dossier où le risque agricole n'est plus seulement une hypothèse, mais déjà un fait statistique ?
À ce stade, ma réponse est prudente : pas assez pour basculer sur un verdict investir. Assez pour justifier une ligne surveillée, oui. Pas assez pour fermer les yeux, non.
Ce que cette lecture change selon le profil
Pour un profil débutant, je lis InSoil comme une plateforme trop nerveuse pour servir de base. La régulation rassure, mais elle n'efface ni les défauts ni les retards. Si tu démarres, ce dossier me paraît davantage utile comme cas d'école que comme première brique.
Pour un profil intermédiaire déjà diversifié, je lis InSoil comme une ligne de spécialité. Pas une ligne centrale. Le dossier peut garder une place, mais seulement si tu acceptes de suivre la qualité crédit et de regarder les pays stressés de près. Ici, le rendement ne dispense pas du travail. Il t'oblige au contraire à regarder davantage.
Pour un profil confirmé qui chasse du rendement, je lis InSoil comme une poche opportuniste sous conditions. La plateforme peut rester dans le radar parce qu'elle publie beaucoup d'informations et qu'elle n'essaie pas de cacher le sujet du défaut. Mais si tu vas sur ce terrain, tu acceptes que la promesse de rendement soit en partie mangée par la réalité des récupérations.
Tu veux comparer rendement théorique et rendement réellement encaissé, suivre ton capital immobilisé, tes retards et tes défauts plateforme par plateforme ?
C'est exactement l'usage de l'app CuSR : l'outil que j'ai d'abord construit pour moi avant de le partager.
Ce qu'en disent les investisseurs
C'est souvent là que les chiffres prennent chair.
Premier signal : la page Trustpilot InSoil / HeavyFinance affichait au 14 juin 2026 une note de 2,5/5 sur 24 avis, avec un qualificatif « Poor ». Le volume reste petit, donc je ne transforme pas ça en vérité statistique. Mais je ne l'ignore pas non plus.
Ce qui m'intéresse surtout, c'est la nature des plaintes. Plusieurs avis reviennent sur le même point : la récupération après défaut est lente, parfois opaque, et souvent plus longue que ce que l'investisseur imaginait. Un avis de mai 2024 parle d'un processus de recouvrement "désastreux" et d'un collatéral récupéré trop tard. Un autre, en septembre 2025, résume l'expérience de manière brutale : argent toujours non revenu depuis 2022.
Je regarde aussi les avis nuancés, pas seulement les plus durs. Sur cette même page, un investisseur qui suit la plateforme depuis longtemps explique en janvier 2025 avoir vu la part de prêts très en retard baisser sur son propre portefeuille, tout en restant prudent. Ce n'est pas une absolution. Mais ce n'est pas non plus un mur de panique uniforme.
Les sources secondaires racontent à peu près la même histoire.
- P2P Empire parle en juin 2026 d'un portefeuille avec 77 % de prêts performants et 22 % en recovery, tout en réservant InSoil aux investisseurs expérimentés.
- p2p-game.com note que le problème historique des prestataires de paiement semble derrière la plateforme depuis le passage à ConnectPay, mais rappelle aussi que les récupérations s'étirent souvent sur des mois.
- Northern Finance garde un ton mesuré : équipe sérieuse, résultats déjà visibles, mais hausse des défauts capable de dégrader vite l'impression générale.
- Jean Galea formule à sa manière le cœur du sujet : si tu viens juste chercher le 13 % affiché, tu risques d'être déçu.
Ce qui me frappe, c'est la convergence.
Les chiffres officiels disent déjà que le risque crédit est élevé. Les retours investisseurs ne contredisent pas ce constat. Ils lui donnent simplement un visage concret : lenteur des récupérations, capital bloqué plus longtemps que prévu, lecture du rendement bien moins lisse que la page marketing.
Et il y a un autre signal, plus discret mais utile : je n'ai trouvé aucun vrai corpus français dédié sur Moneyvox, Finary ou Crowdlending.fr au moment de mon analyse. Ce n'est pas un argument pour ou contre InSoil. Mais c'est une information. La plateforme reste largement hors radar des communautés françaises grand public. Pour un investisseur autonome, ça veut dire moins de bruit. Et aussi moins de garde-fous collectifs.
Ce qui ferait remonter la note
Aujourd'hui, ma note n'est pas un point final. C'est un cahier des charges.
Voici ce qu'il faudrait me montrer pour que la lecture remonte sérieusement :
- un principal en défaut qui repasse durablement sous 10 % ;
- un principal à plus de 90 jours de retard qui retombe sous 12 % ou montre au moins deux trimestres d'amélioration nette ;
- une amélioration visible dans les pays les plus stressés, surtout le Portugal, la Pologne et la Bulgarie ;
- un reporting plus lisible sur les récupérations réelles après défaut, pas seulement sur les taux affichés ;
- une lecture fiscale plus simple et plus opérationnelle pour un investisseur français.
Si ces cinq points avancent ensemble, InSoil peut remonter. Si rien ne bouge, le 70/100 restera même presque généreux.
Mon verdict 2026 sur InSoil
Mon verdict public est donc simple : SOUS SURVEILLANCE.
Je ne classe pas InSoil dans éviter, parce que la structure, la licence, les fonctionnalités et la documentation existent vraiment. Et je ne la classe pas dans investir, parce que les défauts, les retards et la lenteur des récupérations pèsent déjà trop lourd.
C'est exactement le genre de plateforme qui force à devenir un meilleur investisseur.
Pas parce qu'elle promet beaucoup. Parce qu'elle t'oblige à comparer ce qui est promis, ce qui est encaissé, et ce qui reste coincé entre les deux.
Remonter aux sources, pas aux impressions
Dans le crowdfunding, une mauvaise décision commence souvent par une information trop lisse.
Une page marketing rassurante. Un rendement moyen séduisant. Quelques avis épars. Et entre les trois, beaucoup d’angles morts.
La méthode CuSR consiste à revenir aux sources disponibles : documents officiels, conditions plateformes, données publiques, rapports, communications réglementaires, historique observable, retours d’investisseurs quand ils apportent un signal utile.
Le rapport complet CuSR rassemble ces éléments et renvoie vers les sources originales utilisées dans l’analyse. Tu peux ainsi vérifier, comparer, et te faire ta propre lecture.
L’App CuSR prolonge ce travail côté portefeuille : suivi du rendement réel, retards, défauts, capital bloqué et exposition multi-plateformes.